1622 - 1673
Son père est marchand tapissier du roi. Sa mère meurt en 1632. Elève des jésuites (collège de Clermont). Ebauche des études de droit.
1643: ayant fait la connaissanced'une famille de comédiens, les Béjart, il fonde avec eux l'Illustre Théâtre et prend le nom de Molière.1645: l'Illustre Théâtre fait faillite. Molière entre dans la troupe nomade de Charles Dufresne. Il en devendra le directeur. Revient à Paris en 1658.
1659: Les Précieuses ridicules.
1661: Les Fâcheux ( comédie- ballet ).
1662: épouse Armande Béjart. L'Ecole des femmes. Polémiques. Critique de l'Ecole des femmes 1663
1664: au cours de fêtes données à Versailles (Les plaisirs de l'île enchantée), la troupe de Molière joue plusieurs pièces, dont le Tartuffe (en 3 actes).. La "cabale des dévôts" fait interdire la pièce. Nous n'en connaissons qu'un remaniement en 5 actes joué en 1669.
1665: Dom Juan: 1666: Le Misanthrope, le Médecin malgré lui.
1666: - 1667: écrit pour un divertissement royal ( Le Ballet des Muses ) Mélicerte, La Pastorale comique, Le Sicilien.
1668: Amphitryon, l'Avare. 1670: Le Bourgeois gentilhomme. 1671: Les Fourberies de Scapin, Psyché ( comédie-ballet, en collaboration avec Corneille et Quinault). 1672: Les Femmes savantes. 1673: meurt à l'issue de la quatrième représentation du Malade imaginaire.
STRUCTURES DES COMEDIES DE MOLIERE
Molière bâtit ses pièces avec des éléments qu'il lui arrive d'emprunter sans le moindre scrupule soit à la comédie ancienne ou italienne, soit à ses prédecesseurs immédiats ( Rotrou, Boisrobert, Scarron, Cyrano de Bergerac, Desmarets de Saint-Sorlin). Il se contente parfois, comme dans le Misanthrope ou le Bourgeois gentilhomme de sujets fort minces. L'action suit une marche capricieuse avec des incidents et rebondissements qui peuvent paraître un peu gratuits, mais qui donnent une impression de vie intense. Molière n'a pas la superstition des règles. Il les considère comme de simples recettes dictées par le bon sens. Chez lui, le dénouement n'est pas l'aboutissement nécessaire d'une action psychologique. Tantôt la pièce se termine par une reconnaissance ( L'Avare ), tantôt par l'intervention miraculeuse d'un "deus ex-machina" (Tartuffe, Dom Juan, Amphitryon ).
COMIQUE ET VERITE
Molière emprunte à la farce le comique de gestes (coups de bâton, soufflets, poursuites, roulement d'yeux, grimaces). Ressortissent également à la farce les calembourgs, les coqs-à-l'âne, les incorrections de langage et même la répétition à demi-consciente d'expressions révélatrices: "le pauvre homme" (Tartuffe), "sans dot" (L'Avare), "je ne dis pas cela" (Le Misanthrope).
Les situations comiques ( Orgon caché sous la table pendant que Tartuffe courtise sa femme, Vadius et Trissotin passant des congratulations aux injures, Argan contrefaisant le mort) résultent du développement normal des caractères. Les ayant ainsi rendues plausibles, Molière les exploite jusqu'au bout avec une virtuosité extrême.
Les difformités morales, lorsqu'elles sont suffisamment accusées, peuvent entraîner un comportement qui paraît extravagant à l'homme normal et qui fait rire comme toute discordance et toute bizarrerie. Arnolphe, Tartuffe, Alceste sont comiques en eux-mêmes. Il suffit de les présenter sous un certain jour pour que ce comique éclate. Mais Dom Juan, Elmire, Célimène ne sont pas comiques. Leur jeu contribue à mettre en valeur les personnages qui le sont.
Le fond des sujets n'est pas toujours gai. Des pièces comme L'Ecole des femmes, le Misanthrope retracent des échecs. Les travers, dont l'aspect extérieur nous divertit, ont des effets destructeurs. Mais il ne faut pas exagérer, comme le font, après Musset, certains metteurs en scène contemporains, le tragique de Molière. Le principal but de Molière a toujours été de "faire rire les honnêtes gens".
Par le biais du comique, il cherche à saisir la vérité humaine. Mais si le comique était permanent, il manquerait de vraisemblance. C'est pourquoi Molière peint les êtres dans toute la complexité de leur nature, n'hésitant pas à montrer leurs côtés attendrissants (Arnoplhe, Alceste)ou odieux (Dom Juan, tartuffe). A cette peinture des individus il joint celle des milieux, essentiellement, essentiellement la bourgeoisie, quelquefois (Les Fâcheux, le Misanthrope) la noblesse. Il estime que l'homme ne se révèle vraiment que dans son cadre familial et social.
LA PHILOSOPHIE DE MOLIERE
Esprit peu religieux, Molière comprend mal les rigueurs de la dévotion. Il déteste l'ascétisme. Il fait confiance à la nature. Il fut certainement touché par l'influence de Gassendi et de la pensée libertine. Jusqu'à quel point? Toute réponse à cette question serait téméraire.
Il concoit le rôle du moraliste avec autant d'indulgence que de bon sens. "Je ne sais, dit-il, s'il n'est pas mieux de travailler à rectifier et adoucir les passions des hommes que de vouloir les retrancher entièrement".
Il s'est beaucoup préoccupé des problèmes d'éducation, particulièrement de l'éducation des filles. Il aime la jeunesse. Il n'admet qu'on l'étouffe sous des contraintes absurdes. L'amour soncère a toute sa sympathie. Mais il le veut raisonnable et tenant compte de la convenance des conditions, des caractères et des âges.
Il demande à l'homme la franchise envers lui-même comme envers les autres. En considération de cette qualité, il passe sur beaucoup de défauts: la médiocrité de Chrysale, l'irritabilité d'Alceste. Il est impitoyable pour le pédantisme des faux savants, la pruderie des coquettes sur le retour, le mensonge des médecins ignorants, la prétention des petits marquis et des bourgeois enrichis. Lui-même a donné l'exemple de la droiture. Sa carrière s'est déroulée sans reniement, sans compromission.
LE STYLE DE MOLIERE
Molière écrivain aparfois été jugé sévèrement. Voici ce que dit Fénelon:" En pensant bien, il parle souvent mal; il se sert des phrases les plus forcées et les moins naturelles." Reconnaisons que Molière n'est pas toujours à l'aise dans le maniement des notions abstraites, que ses métaphores manquent de cohérence, que se phrases sont parfois lourdes, encombrées de conjonctions. Mais son style et un style de théâtre. Il offre lee mérite d'une exceptionnelle variété. Chaque personnage s'exprime de la façon la plus conforme à sa condition et à son caractère...
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